Dans l’univers créatif de Sandra Volny, tout prend forme à différents degrés de densité de vibrations et ces dernières sont porteuses d’une mémoire. Dans sa recherche de sons, l’artiste s’intéresse à certains types de territoires, particulièrement ceux qui sont soumis à des conditions extrêmes. Pour extraire les bruits invisibles de la nature, elle fait équipe avec des chercheurs qui enquêtent directement sur le terrain. Sa pratique est liée à la recherche scientifique, entre autres à la sismographie qui permet de mesurer les mouvements et les sons imperceptibles du sol.
Dans cette exposition, Sandra Volny présente les sons inaudibles des sols de glace de l’Antarctique et des déserts de sable du Nouveau-Mexique. Connectant l’art à la recherche scientifique, l’artiste a développé un procédé qui lui permet de révéler et d’archiver la voix de la glace sur le métal. Les vibrations enregistrées par les sismographes sont rendues audibles grâce aux algorithmes du mathématicien et géophysicien Julien Chaput. Puis, elles sont projetées pendant près d’un mois sur des pigments en suspension dans l’eau. L’eau s’évapore lentement, les pigments se sédimentent au fond des grands bacs d’acier et des “fossiles” sonores apparaissent. Tout un univers sonore se révèle ainsi sous la forme de sons cristallisés.
Titulaire d’un doctorat en arts et sciences de l’art de l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, Sandra Volny a consacré sa thèse à la notion de « survivance des espaces sonores ». Elle a exposé à Montréal où elle vit et travaille, ainsi qu’ailleurs au Canada et à l’étranger, notamment en Europe. Enfin, elle est fondatrice de Sound and Space Research, une plateforme interdisciplinaire qui réunit artistes et scientifiques autour des enjeux d’écoute et d’environnement.
Crédit photo : Guy Tremblay
Avec finesse et sensibilité, les expositions de cet hiver saisissent l’essence de la nature au moyen de la technologie sonore ou du coup de crayon. En s’intéressant aux espaces sonores, Sandra Volny cherche à révéler les bruits inaudibles à l’oreille nue et à leur donner corps. Catherine Magnan, quant à elle, transpose ses balades en nature sur la toile brute en utilisant le dessin d’observation. En allant bien au-delà des qualités esthétiques de la nature, Sandra Volny et Catherine Magnan renouvellent notre regard sur le vivant.
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