Le travail photographique de Geneviève Thibault étudie les espaces habités et présente la maison comme le lieu central de ses réflexions. Ses créations mettent l’accent sur la cohabitation des vivants avec leur environnement, car elles s’intéressent aux façons qu’ont les gens d’habiter. L’artiste réfléchit à l’empreinte qu’elle laisse sur les autres et à l’équilibre de ses collaborations en tentant d’améliorer sans cesse ses méthodes de création. Elle fait de l’improviste son modus operandi car il lui permet d’aller à l’encontre des rendez-vous préparés ou des protocoles.
Geneviève Thibault a mené une enquête surprenante en allant cogner sans prévenir à la porte de personnes qui résident comme elle au numéro civique 148. Elle s’est faufilée dans l’univers de ses sujets avec la volonté de saisir l’espace dans son expression la plus authentique. Elle s’est intéressée à la manière dont les pièces sont décorées, et aux habitudes révélées par la disposition du mobilier et des objets. Elle a ainsi observé ce que ces lieux disent sur les personnes qui les occupent, mais aussi sur la communauté, voire sur la société dans laquelle elles évoluent. L’artiste cherche à comprendre ce que signifie habiter aujourd’hui dans un monde en perpétuelle accélération. Elle nous livre ainsi une série de portraits qui suspendent le quotidien des personnes rencontrées mais sans jamais nous les montrer.
Geneviève Thibault est détentrice d’une maîtrise en pratique des arts de l’Université du Québec en Outaouais et a été formée en photographie au Cégep de Matane où elle enseigne désormais. En 2024, elle est aussi récipiendaire de la bourse en arts visuels décernée par le Centre d’exposition Yvonne L. Bombardier. Elle a également co-commissarié la 17e édition du Festival Art Souterrain en 2025.
Crédit photo : Jean-Michel Naud, photographe
Cet automne, trois expositions documentent les liens avec le territoire et les communautés qui y vivent. Photographe-chercheur, Mériol Lehmann met en parallèle l’importance culturelle de la voiture et son coût environnemental, tout en présentant une série de portraits de passionnés de véhicules à moteur avec leur engin. Artiste de la communauté autochtone Vuntut Gwitchin au Yukon, Jeneen Frei Njootli reprend le contrôle de la façon dont sa communauté est présentée avec un court film sur la vie contemporaine avec les siens. Enfin, Geneviève Thibault, récipiendaire de la bourse Yvonne L. Bombardier en 2024, cherche à comprendre ce que signifie habiter aujourd’hui dans un monde en perpétuelle accélération en menant une enquête chez des inconnus qui, comme elle, habitent au numéro civique 148.
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